Existe-t-il une différence entre une photo de commande et une autre, que nous pourrions qualifier de "libre" ?

La photo de commande répond à un cahier des charges dans lequel vont être définis le sujet, l'usage prévu, dans certains cas, le format et les caractéristiques techniques. Il peut y avoir un "rough", une esquisse, un croquis.
La commande peut être peu précise, du genre Carte Blanche, ou au contraire très précise.
Même lorsque le cahier des charges est d'une grande précision, il reste des interstices dans lesquels le photographe va pouvoir montrer son talent. En ce sens, elle reste le fait d'un auteur au même titre que l'auteur d'un livre scolaire qui doit répondre lui aussi à beaucoup de contraintes.
Dans ces espaces, le photographe va être libre de faire des propositions, libre de créer.
Le commanditaire d'une photo ne choisit pas son photographe au hasard. Il le choisit parce qu'il connaît son style, ses photos, bref il le connaît et reconnaît en tant qu'artiste, même si, souvent, il ne le dit pas.
Si le photographe dépasse ce qui était attendu, que sa photo, du fait de sa qualité, entraîne des utilisations qui n'avaient pas été prévues au départ, alors, il va, comme le prévoit la loi, percevoir une rémunération supplémentaire pour ces nouvelles utilisations.

Et la photo "libre", ou plus exactement la photo sans commande, en quoi est-elle différente ?
On peut considérer que sauf chance extraordinaire, une photo n'est pas faite par hasard. Le photographe se fixe lui-même un cahier des charges. "Je vais aller faire des photos à tel endroit, tel jour, à telle heure, avec tel appareil, tel objectif. Je veux photographier des animaux, des hommes, des immeubles, etc."
Il peut déjà connaître l'utilisation, par exemple une exposition, mais bien souvent, il ne sait pas encore exactement comment ses photos seront utilisées. Le seront-elles d'ailleurs ?
Il a donc un cahier des charges comme pour la photo de commande, mais où est donc la différence ?

La grande différence entre la photo de commande et l'autre tient surtout dans le fait que pour la première une rémunération est prévue, dès le début, et que pour la seconde, cela reste hypothétique, aléatoire.
Ce fait ne doit pas faire oublier qu'une photo publiée doit être payée. Si on considère que le photographe a fait aussi tout le travail qui consiste à définir le cahier des charges, et en vertu du principe travailler plus pour gagner plus, sa rémunération devrait même être plus importante que pour une photo de commande !
Souvent ces photos n'auraient pas pu être réalisées dans un travail de commande, pour de nombreuses raisons mais aussi tout simplement parce les commanditaires n'auraient pas eu l'idée de cette image.
Pour résumer, peu de différences entre les deux si ce n'est le point de départ, à savoir, qui lance le processus : un commanditaire ou le photographe.